Textes patristiques

A la synagogue de Nazareth
Lumen Christi !
Le retour de l’enfant prodigue
Voir Jésus
La Lumière incréée
Voir Dieu

A la synagogue de Nazareth

L’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est pourquoi il m’a consacré par l’onction. Après avoir lu ces parles et roulé le livre, Jésus le rendit au servant et s’assit ; et tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Même maintenant, si vous le voulez, dans notre synagogue, dans notre assemblée, vous pouvez fixer les yeux sur le Sauveur. Dès lors que vous dirigez le regard le plus profond de votre cœur vers la contemplation de la Sagesse, de la Vérité et du Fils unique de Dieu, vous avez les yeux fixés sur Jésus. Bienheureuse assemblée, dont l’Ecriture atteste que tous avaient les yeux fixés sur lui ! Que je voudrais que cette assemblée puisse recevoir un témoignage semblable, que tous, catéchumènes et fidèles, femmes, hommes et enfants, y aient les yeux, non pas ceux du corps, mais ceux de l’âme, occupés à regarder Jésus ! Quand vous le regarderez, sa lumière et sa contemplation rendront vos visages plus lumineux, et vous pourrez dire : Elle a laissé sur nous son empreinte, la lumière de ta face, Seigneur ! A lui la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen. "

Origène

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Lumen Christi !

" C’est la Pâque du Seigneur… Quels beaux spectacles que ces vêtements éclatants de blancheur, et ces illuminations d’hier où des hommes de toutes conditions et de toutes dignités embrasaient la nuit de leurs flambeaux ! Cette immense lueur était comparable à l’éclatante lumière que le ciel nous envoie d’en-haut comme un signe, en illuminant l’univers de la splendeur des astres. Elle était aussi l’image de cette lumière supérieure à la beauté des étoiles, celle des anges et de la Trinité – les anges participant à la lumière de la Trinité – lumière indivisible, de qui procède toute lumière et qui leur communique leur éclat ".

Saint Grégoire de Nazianze

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Le retour de l’enfant prodigue

Il se leva et vint vers son père ; il était encore loin. Son père le vit... Le Père le voit, et c’est pour cela qu’il est possible au fils de s’élancer vers son Père. Le regard du Père éclaire les yeux de son fils qui vient à lui, et dissipe toute l’obscurité qui l’enveloppait du fait de sa faute. Si donc le Père des cieux n’avait éclairé le visage du fils s’en revenant et n’avait dissipé le ténébreux désordre de son cœur par la lumière de son regard, jamais ce fils n’aurait vu l’éclat du visage de Dieu ".

Saint Pierre Chrysologue.

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Voir Jésus

" On lit dans l’Exode que le peuple voyait la voix du Seigneur ; or il est clair que la voix ne se voit pas mais s’entend… Pourtant, c’est une pensée profonde qui a déterminé Moïse à affirmer que la voix de Dieu est visible : au dedans de l’âme, un regard la contemple. Mais dans l’évangile, ce n’est pas une voix qui est vue ; c’est ce qui est supérieur à la voix, le Verbe… Tu le vois donc, le Verbe de Dieu a été vu aussi bien qu’entendu par les apôtres. Ils ont vu le Seigneur, non seulement dans son corps, mais aussi en tant que Verbe. Ils ont vu le Verbe, ceux qui, avec Moïse et Elie ont vu la gloire du Verbe. Ceux-là ont vu Jésus, qui l’ont vu dans sa gloire, non les autres qui n’ont pu voir que son corps : car il n’est pas donné aux yeux du corps, mais à ceux de l’âme, de voir Jésus. Aussi bien les Juifs ne l’ont pas vu, tout en le voyant. Abraham l’a vu, car il est écrit : Abraham a vu mon jour et s’en est réjoui. Donc Abraham l’a vu, et pourtant il est certain qu’il n’a pas vu le Seigneur dans son corps. Mais le voir en esprit, c’est le voir corporellement ; au contraire, le voir corporellement sans le voir en esprit, ce n’est même pas voir corporellement ce que l’on semble voir… Isaïe l’a vu et, comme il le voyait en esprit, il l’a vu également dans son corps. Ne dit-il pas : Il n’avait ni apparence ni beauté ? Les Juifs ne l’ont pas vu : leur cœur insensé a été aveuglé… Pilate ne l’a pas vu. Ils ne l’on pas vu, ceux qui criaient : Crucifie-le, crucifie-le ! Car s’ils l’avaient vu, jamais il n’aurait crucifié le Seigneur souverain. Voir Dieu, c’est donc voir l’Emmanuel, c’est voir Dieu-avec-nous. Qui n’a pas vu Dieu-avec-nous n’a pu voir Celui qu’une Vierge a enfanté. "

Saint Ambroise de Milan.

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La Lumière incréée

" Je revins donc vers moi, j’entrai en moi-même, dans le fond de mon cœur, conduit par toi ; j’y parvins, car tu fus mon aide. J’y entrai, et avec le regard de mon âme, quel que fut son état, au-dessus de ce même regard, au-dessus de mon intelligence, j’ai vu la lumière immuable. Ce n’était pas cette lumière ordinaire que tout le monde peut voir ; ce n’était pas non plus une lumière de même nature, mais plus puissante, qui aurait brillé de plus en plus et aurait tout rempli par son éclat. Non, cette lumière n’était pas cela, elle était autre chose, tout autre chose. Elle n’était pas au-dessus de mon esprit, comme l’huile flotte à la surface de l’eau, ni comme le ciel s’étend au-dessus de la terre. Elle était au-dessus de moi parce qu’elle m’a créé ; j’étais au-dessous d’elle, parce que créé par elle. Celui qui connaît la vérité la connaît, et celui qui la connaît, connaît l’éternité. C’est l’Amour qui la connaît ! Ô éternelle Vérité, ô véritable charité, ô chère éternité ! Tu es mon Dieu, et je soupire après toi le jour et la nuit. Quand je t’ai connu pour la première fois, tu m’as soulevé vers toi pour me faire voir l’existence de quelque chose que je devais voir, mais que je ne pouvais encore voir moi-même. Tu as ébloui la faiblesse de mon regard par la puissance de ton rayonnement, et je frissonnais d’amour et d’effroi. J’ai découvert que j’étais loin de toi, dans le pays de l’exil et de la dissemblance… "

Saint Augustin

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Voir Dieu

" Si tu me dis : Montre-moi ton Dieu ! Je pourrais te répondre : Montre-moi l’homme que tu es, et moi, je te montrerai mon Dieu. Montre donc comment les yeux de ton âme regardent, et comment les oreilles de ton cœur écoutent. Ceux qui voient avec les yeux du corps observent ce qui se passe dans la vie et sur la terre ; ils discernent la différence entre la lumière et l’obscurité, le blanc et le noir, le laid et le beau ; entre ce qui est harmonieux, bien proportionné, et ce qui manque de rythme et de proportion ; entre ce qui est démesuré et ce qui est tronqué… On pourrait, de la même façon, dire des oreilles du cœur et des yeux de l’âme qu’il leur est possible de saisir Dieu. Dieu, en effet, est perçu par ceux qui peuvent le voir, après que les yeux de leur âme se sont ouverts. Tous ont des yeux, mais certains ne les ont que voilés, et ne voient pas la lumière du soleil. Si les aveugles ne voient pas, ce n’est pas parce que la lumière du soleil de brille pas. C’est à eux-mêmes et à leurs yeux que les aveugles doivent s’en prendre. De même toi : les yeux de ton âme sont voilés par tes fautes et tes actions mauvaises. L’homme doit avoir une âme pure comme un miroir brillant. S’il y a de la rouille sur le miroir, l’homme ne peut plus y voir son visage. Ainsi, lorsqu’il y a une faute dans l’homme, cet homme ne peut plus voir Dieu. Mais si tu le veux, tu peux guérir. Confie-toi au médecin, et il opérera les yeux de ton âme et de ton cœur. Qui est ce médecin ? C’est Dieu qui guérit et vivifie par le Verbe et la Sagesse… Si tu comprends cela, et si ta vie est pure, pieuse et juste, tu peux voir Dieu…Quand tu auras dépouillé la condition mortelle et revêtu l’immortalité, alors tu verras Dieu selon ton mérite. C’est ce Dieu qui ressuscitera immortelle ta chair en même temps que ton âme. Et alors, devenu immortel, tu verras le Dieu immortel, à condition d’avoir cru en lui maintenant. "

Saint Théophile d’Antioche

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