Nouveau
Regard sur lanthropologie :
Linterface esprit-matière
Séminaire animé par M. Pierre PERRIER,
Membre de lAcadémie des Sciences.
Introduction
Séance
Exposé
Note sur la composition tripartite de lhomme
Note sur linterface esprit-matière
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Dans le cadre du Projet Nouveau Regard, M. Pierre PERRIER, Ingénieur en aéronautique, Docteur ès-sciences et Membre de lAcadémie des Sciences, est venu à Wisques pour animer un séminaire danthropologie auquel ont participé vingt membres de lUnité de recherche ou auditeurs du PNR, ainsi que les moines de labbaye Saint-Paul et les moniales de labbaye Notre-Dame. Selon un schéma désormais bien rôdé, le séminaire sest ouvert à labbaye Saint-Paul le samedi 27 à 11 h, aussitôt après la Messe conventuelle par une conférence suivie dun débat. Le travail sest poursuivi laprès-midi, après None, de 15 h à 17 30, et la journée sest achevée par de fructueux échanges et des temps de prière : Vêpres à 18 h et Complies à 20 h 30. Dimanche à 11 h 30, nouvel exposé. Laprès-midi, les participants se sont rendus à lAbbaye Notre-Dame pour loffice de None à léglise, puis au grand parloir des moniales pour la séance de clôture particulièrement brillante de 14 h 45 à 16 h 30. En ouvrant la première séance, le Père Abbé a donné lecture des messages envoyés par les personnalités qui nont pu venir à ce séminaire : Son Eminence le Cardinal Godfried DANNEELS, Archevêque de Malines-Bruxelles, " forme les meilleurs vux pour son succès ". - S.A.R. la Princesse Françoise de BOURBON LOBKOWICZ, Diplomate, membre de notre Unité de Recherche, est retenue à Beyrouth. - Notre Evêque, Mgr Jean-Paul JAEGER, Evêque dArras, Boulogne et Saint-Omer bénit la réunion : " Vous devinez que ce sujet retient toute mon attention. Lancien professeur de philosophie que je suis est très attentif à ce type de réflexion et à ses conclusions. Je ne pourrai malheureusement pas être des vôtres pour la circonstance, mais je compte sur vous pour me faire connaître les conclusions de ce séminaire. Dans cette attente, jappelle sur lui et sur ses participants la bénédiction du Seigneur ". - Monsieur Olivier COSTA de BEAUREGARD, Théoricien de la Physique et de la philosophie des sciences, Docteur ès-Sciences et Docteur ès-Lettres, membre de notre U.R., ne peut venir pour raison de santé, " malgré le plaisir et lintérêt dune rencontre avec Monsieur PERRIER, et lattrait dun colloque où la Mécanique Quantique sera à lordre du jour, malgré aussi la grandeur des offices bénédictins Cest donc par la prière et la pensée que je serai de cur avec vous, et vous demande de le dire aux participants. Encore un grand Merci pour tout ce que ma apporté le Projet Nouveau Regard. De tout cur avec vous dans le Seigneur Jésus ". - Madame Anne DAMBRICOURT MALASSE, Paléontologue, membre de notre U.R., est retenue à la montagne auprès de son fils souffrant : " Je vous remercie pour le fax minformant du prochain séminaire. Le thème est en effet très important, et, traité par un membre de lAcadémie des Sciences, cest encore plus significatif Je vous souhaite beaucoup de succès qui viendra avec lEsprit-Saint ". - Le Professeur Michel GODRON, Docteur Ingénieur des Eaux et Forêts, Docteur ès-Sciences, Licencié en philosophie, CNRS., membre de notre U.R., ne peut venir : " Je serais heureux que vous me gardiez un exemplaire des documents qui seront distribués ". - Se sont excusés également dautres membres de notre Unité de Recherche : le R.P. Ignace de La POTTERIE, SJ., Exégète (Institut Biblique de Rome) ; Mgr Louis FLORIN, Docteur en théologie, ancien Diplomate ; Gilbert SABATHE, Diplomate ; M. labbé Henri CAFFART, Exorciste du diocèse dArras A linvitation du Père Abbé, M Pierre PERRIER sest présenté lui-même : il insiste tout dabord sur ses origines paysannes qui expliquent, selon lui, son goût pour les choses concrètes comme aussi son sens de lanalogie et du symbolisme : les choses visibles et tangibles qui tombent sous nos sens nous apprennent quelque chose des réalités spirituelles ; de même, la sensation corporelle nous apprend quelque chose de nos sens spirituels. Il nous en donnera plusieurs illustrations saisissantes au cours de ce séminaire. Ingénieur, Directeur scientifique, spécialiste des turbulences, du contrôle des fluides et de lélectro-magnétisme, ses travaux lui ont valu dêtre élu à lAcadémie des Sciences ; il met son savoir au service de la création des avions Dassault de tous modèles jusquau dernier Rafale. Par ailleurs, il est passionné par la tradition judéo-chrétienne primitive, la langue, lanthropologie et la théologie des Eglises araméennes du Moyen-Orient ainsi que par la transmission des traditions orales (loralité selon Marcel Jousse). Cette double compétence lui donne un regard original sur la création et sur le rapport entre la connaissance scientifique et la Révélation biblique, sans confusion des genres et sans tomber dans le fondamentalisme. Pierre PERRIER a publié aux Editions DésIris : " Karozoutha : De la Bonne Nouvelle en araméen et évangiles gréco-latins " (Première édition Médiaspaul 1986) " Anthropologie biblique. Mshamshana : Histoire et anthroplogie, du lévite au diacre daujourdhui " (1990) " Science des curs de la nature : Lettres à un ami sur le retour à une science éclairée par la foi " (1998). Cest ce dernier ouvrage qui a été loccasion de notre rencontre et de son adhésion au PNR comme Membre actif de lUnité de Recherche Pierre PERRIER a commencé samedi matin son premier exposé, dans la perspective de la tradition judéo-chrétienne, en entraînant son auditoire dans la contemplation du " Livre de la Création ", première révélation venant de Dieu le Père, Créateur du ciel et de la terre le second Livre étant lAncien Testament donné aux prophètes par lEsprit-Saint, et le troisième, le Nouveau, spécialement lEvangile, où le Fils en personne, Verbe de Dieu, parle aux hommes. Cette vue des choses, typiquement biblique et patristique, fait à lhomme un devoir de scruter le grand Livre de la création au même titre que les deux autres Livres sacrés, en vue de la contemplation ; cest cette orientation, par conséquent, qui a permis et permet le développement des sciences et des techniques, et leur assigne comme fin : la contemplation, la louange et laction de grâces et non lambition prométhéenne et la volonté de puissance Or, la science contemporaine la plus pointue a changé radicalement le regard de lhomme sur lunivers, introduisant une humilité de fait dans chacune des disciplines scientifiques : les grandes théories dhier sont devenues plus modestement des modèles, tandis que les grandes hypothèses idéologiques se ramenaient à des paradigmes de travail. On reconnaît même quil nest plus possible de prétendre poser des conclusions définitives sans les associer avec leurs paradigmes, toujours réducteurs de la réalité. En particulier, on ne considère plus le monde à partir de ses grands phénomènes, mais au contraire à partir de ses plus petites dimensions, où le modèle quantique ouvre un champ presque illimité de possibles, au-delà de tout ce quon peut imaginer, au-delà de ce quon ne pourra jamais expérimenter. Ce modèle quantique, comme dailleurs toutes les lois de lunivers, se présente comme relatif à lobservateur, rendant la Science dépendante des décisions de lobservateur. Chaque décision réduit à un seul le champ des possibles, et donc introduit une information dans le monde physique à plus grande échelle, et jusquà notre échelle, par des processus damplification en cascades. De plus, on sait maintenant quen agissant aux plus petites échelles sur des points bien choisis, on constate que des répercussions apparaissent, même à notre taille, parce quune grande partie des réglages de lunivers et de la Terre sont très proches de linstabilité. Cest ainsi que Dieu peut agir sur les plus petites choses pour en provoquer de grandes, et ceci, sans violer les lois de la nature, à lintérieur de lois qui demeurent parfaitement stables. Cette ouverture au spirituel rejoint lintuition du dernier Docteur de lEglise : sainte Thérèse de lEnfant Jésus et de la Sainte Face. Cest par la petite voie que lon peut réaliser de grandes choses Cest la fin de la parenthèse de trois siècles, où le monde était considéré comme une grande horloge, et Dieu comme lhorloger. Une fois construite et remontée, lhorloge fonctionne toute seule. Lhorloger est prié de ny point toucher ! Or, contrairement à cette conception, il se trouve que le contrôle dun système complexe est possible, si lon sait lobserver en un nombre suffisant de points caractéristiques, et si lon sait agir sur des points dinstabilité du système. Plus un système est instable, mieux on peut le contrôler. On peut savoir si un système est contrôlé, à partir de la façon dont il converge vers un état donné ; si lobservation et la loi de contrôle sont optimales, cette convergence est exponentielle. Cest précisément ce quon observe dans le monde des vivants, en totale contradiction avec le fameux paradigme de progression au hasard, qui prendrait un temps exponentiellement croissant avec la complexité de ses produits. Autrement dit, dans lévolution des vivants, plus cest compliqué, plus ça va vite ! Le paradigme actuel démergence des systèmes vivants considérés comme des appariments de robots, de taille de plus en plus grande, sensés assembler les molécules, reporte sur lenvironnement (comme sur un moule) la charge dassurer cette convergence rapide. Une telle explication déplace vers lenvironnement la difficulté exponentielle de cette convergence, et nest donc pas recevable. Les recherches poursuivies actuellement aux Etats-Unis pour faire émerger la conscience sont vouées à léchec. Il faut plutôt rechercher des indices dactivités spirituelles dans lévolution. Ceux-ci permettent de dater le premier couple denviron 100 000 ans avant Jésus-Christ, couple unique dont nous descendons tous, selon des confirmations génétiques récentes. Pour aller plus loin, il est nécessaire de mieux cerner laspect spirituel de lhomme à laide dun langage analogique convenable, qui permet déviter lapproche conceptuelle, laquelle introduirait des paradigmes incompatibles avec la réalité spirituelle. Arrivé à ce point de son exposé, Pierre PERRIER met sous les yeux de ses auditeurs une très ancienne lampe à huile peut-être du IIe siècle gravée de symboles chrétiens et découverte en Palestine, à Béthanie. Il la garnit dhuile parfumée, et allume la mèche, préalablement traitée avec du sel (cf. évangile : sel de la terre et lumière du monde). La méditation sur le creux et le plein de cette lampe, avec sa " gorge " et son " cur ", permet de saisir analogiquement la complémentarité de lespace occupé par le souffle dair chaud parfumé et lespace extérieur, avec son interface entre deux mondes (le monde intérieur et le monde extérieur) qui nest autre que la " gorge " (araméen : Naphsha, latin Anima). " Lâme, cest linterface entre le corps de la poterie à lextérieur, et lintérieur : le cur de lhomme où est son esprit, où sélaborent ses pensées les plus secrètes, avec son fond alimenté par la grâce ; la grâce, cest lhuile, condensation du souffle du Potier, au moment où la poterie repose dans la main du Père. Lâme nest pas le corps de la poterie, en argile bien dure, mais cette interface est cependant limitée par le corps ; lâme nest pas lesprit, mais le lieu où lesprit séchange avec les esprits extérieurs, la limite de ce qui est personnel. Cassez la poterie, la vie mortelle sen va, mais le Potier peut recueillir le souffle, lesprit, et garder en mémoire la position de ses doigts, la cambrure de sa main, cest-à-dire la forme même donnée à largile ; il peut refaire en cire la forme de ce corps, éventuellement la corriger, puis la fondre en un matériau plus noble, comme le bronze. Mais la forme reste la forme même de ses mains : le modèle était en ses mains, et cest précisément ce creux dans la forme quil avait voulu donner à cette poterie particulière " (Science des curs et de la nature, pp. 97-98). Retour à la science contemporaine. En examinant les trois facultés spirituelles de lhomme (intelligence, volonté, mémoire), on peut identifier des lieux dans le cerveau où se fait la cohérence entre le travail du cerveau et lintervention de lesprit. Dans certains cas, lesprit refuse le processus intellectuel du cerveau, ou le plan daction proposé à la volonté, ou encore la simplification de la mémoire. Le recours à la théorie quantique permet dexpliquer comment lesprit interagit avec le cerveau, sans production dénergie. Cf. J.C. ECCLES, Evolution du cerveau et création de la conscience, Flammarion, " Champs ", 1992, particulièrement pp. 247-257 : structures dinteraction quantique esprit-matière, schéma interne-externe p. 310. Voir aussi Rémy CHAUVIN, la biologie de lesprit, Ed. du Rocher 1985, pp. 69, 80-81, 157, 173. Note sur la composition tripartite de lhomme : selon la tradition biblique, on distingue dans lhomme le corps, lâme et lesprit (cf I Thes. 5, 23 : " Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, lesprit, lâme et le corps, soit gardé sans reproche à lAvènement de notre Seigneur Jésus-Christ "). Il ne sagit pas de trois parties, mais de deux, lâme étant linterface entre le corps et lesprit, le tout unifié en une seule personne. Note sur linterface esprit-matière. " Linterface est la zone de contact entre deux êtres. Pour une interface esprit-matière, il sagit de la zone déchange déterminant létat ultérieur dune particule (apparition, disparition, quantification), à loccasion de la considération de tout point de lespace-temps ou de points particuliers attachés à la zone dinteraction quantique dune particule déterminée. Cette interaction : soit détermine un possible par réduction du paquet donde, et peut donc digitaliser une information par une opération de mesure sur la matière à laquelle sapplique lesprit ; soit extrait une proportion ou une harmonie, et en permet la comparaison entre psychisme inconscient et conscience. " (Science des curs p. 130).
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