Paris, le 20 mars 1999

Première réunion
de l’Unité de recherche

Séance inaugurale

Quelques membres de l’Unité de Recherche et des groupes de réflexion du Projet Nouveau Regard se sont réunis pour la première fois à Paris, à la Maison Nicolas Barré, 87 rue de Sèvres, dans le 6e arrondissement. Le Père Abbé de Wisques participait, le matin, à la réunion de l’Unité de Recherche du Centre Entreprises de Ganagobie à titre d’invité. Les membres des deux U.R. se sont retrouvés pour le repas (malheureusement à des tables différentes), et le réunion de notre propre U.R. a commencé à 14 h.

Etaient présents : Mme Jeanne CARBONNIER, Mgr René COSTE, Mme Anne DAMBRICOURT MALASSE, MM. Edouard DUCAMPS, J-L. FOVET, Michel GIGON, Jean GRENIER, Hubert HOULIEZ, Dom Gérard LAFOND Abbé de Wisques, Mme Jacqueline LAFOND, M. Philippe LEOST, le RP. de MARGERIE, Dom Hugues MINGUET, Mgr MOLETTE, MM. Jean STAUNE, André TALMANT et Dominique TISSERAND, soit 17 personnes.

Absents excusés : Dr Fabien BOITRELLE, M. Jean BRIERE, Olivier CLEMENT (invité), Olivier COSTA de BEAUREGARD, Dr Francis CROENEN, MM. J-M. DEBERDT (invité), Jean-Loup DHERSE, Michel GODRON, Emmanuel de La Taille, Abbé René LAURENTIN, Mgr André Mutien LEONARD, Dr J-C. MOLINIER, Mgr Séraphim (JOANTA), RP. J. SOMMET, Mgr Jean VERNETTE..

Un débat sur l’Art et le Nouveau Regard, commencé ce jour, sera repris à la réunion suivante ; on peut en lire un résumé dans le compte-rendu du 29 mai (voir plus loin). Le Père Abbé a dressé un tableau des activités du PNR depuis la Réunion inaugurale à Wisques (2-5 juillet 1998) : première Session d’initiation de trois jours, avec 12 participants (23-25 octobre 1998), et premier Séminaire sur Science et Sens, animé par Jean STAUNE et Anne DAMBRICOURT, dont la séance de synthèse se tient à l’abbaye Notre-Dame, avec la participation des deux communautés monastiques et d’une quinzaine de personnes (9-10 novembre 1998). En 1999, ces deux formes d’activité ont continué ; et maintenant, le Père Abbé dit sa joie de voir l’Unité de recherche se réunir pour la première fois, dans la capitale, pour une raison de commodité facile à comprendre.

Jean STAUNE évoque trois voies convergentes : le regard mystique, le regard éthique en entreprise, le nouveau regard en science, qui exclut le matérialisme d’hier, cependant encore bien présent à l’heure actuelle comme idéologie pour les scientifiques qui ont une peur panique d’être un jour amené à rencontrer Dieu… Suit un échange sur le créationisme, qui discrédite tous ceux qui refusent " l’épistologiquement correct " (par exemple le darwinisme). Ce créationisme, virulent aux Etats-Unis, existe aussi en France. Il est une forme de fondamentalisme appliqué à la genèse du monde. Tel est le CESHE, héritier de la pensée de M. CROMBETTE, et, de manière plus nuancée, le CEP (Centre d’Etudes et de Prospective sur la Science) de M. Dominique TASSOT " Pour une vision du monde inspirée de la Révélation ". Cette famille d’esprits oublie seulement que la Bible n’a jamais prétendu enseigner les sciences naturelles ni l’astronomie ; son Auteur principal, le Saint-Esprit et ses auteurs humains enseignent à l’homme la voie qui mène à Dieu. Ils décrivent le monde tel qu’il apparaît au regard de l’homme et utilisent à l’occasion les connaissances du temps. C’est tout, et cela suffit. Car Dieu a créé l’intelligence de l’homme, et il lui laisse le soin de scruter le réel et d’augmenter ses connaissances scientifiques.

Le Dr BAYLE expose ses recherches sur l’embryon et les graves traumatismes qui découlent de l’avortement, non seulement chez la mère, mais aussi chez les enfants, souvent en proie au complexe du survivant. Ce peut-être un complexe de supériorité ou d’infériorité : l’enfant conclut du fait qu’il a été épargné, qu’il est le plus fort ; ou, au contraire, il se sent blessé dans sa dignité : il aurait pu, lui aussi, être supprimé ; il se considère comme un être de circonstance, un survivant par hasard. Jusqu’à maintenant, le syndrome du survivant était le lot des rescapés d’événements traumatisants – cataclysmes naturels, camps d’exterminations, guerres et conflits meurtriers – le Dr NEY, Psychiâtre canadien, professeur à l’Université de Victoria en Colombie britannique et à Hong Kong, a été le premier à découvrir le même complexe dans le domaine familial. Il a fondé des groupes de réflexion avec des femmes traumatisées par l’avortement en France Le Dr BAYLE fait observer que, dans la psychogenèse de l’embryon, il y a construction de sens – Anne DAMBRICOURT préfère parler de dévoilement du sens. Or, dès la conception, l’enfant est marqué par les circonstances : viol, etc. Qu’en est-il des enfants conçus in vitro ? – Mgr COSTE propose un séminaire sur la bioéthique : pour un nouveau regard sur l’homme.

Le viol de la nature, particulièrement odieux dans le cas de l’avortement, se manifeste aussi dans le cas des O.G.M. (organismes génétiquement modifiés) et des plantes transgéniques. Des céréales sont rendues stériles de manière à obliger les agriculteurs à acheter la semence à des multinationales. Cette opération a reçu le nom significatif de Terminator (le terminus de la vie ?). Mgr COSTE cite le livre de Riskin : " Le siècle biotech ", sur le commerce des gènes. Jean GRENIER souligne que l’Europe agricole fait figure d’exception dans son refus des plantes transgéniques ; mais la concurrence est telle, et l’hégémonie américaine si flagrante, qu’il ne faut pas se faire trop d’illusions sur l’avenir, à moins d’une prise de conscience généralisée.