Editorial

Présentation du Père Abbé

Monseigneur Sérafim était présent au colloque du mois de novembre 1999.
Il avait accepté de faire un séminaire sur l'hésychasme et la vision de la Lumière incréée. Ce séminaire s'inscrit dans le cadre de notre recherche sur la Lumière. Le Père Jean Brière, ici présent, a fait une première conférence sur La Lumière dans l'Evangile selon St Jean, qui sera suivie d'autres enseignements. Puis nous avons participé au séminaire animé par Jean François Lambert: Du sens de la vue au regard de l'homme dans la lumière. Il nous a permis de faire le lien entre la lumière visible créée par Dieu - la lumière du soleil et des étoiles - et la lumière spirituelle. Dans notre mentalité occidentale cartésienne et française, on a trop l'habitude de séparer les domaines à force de les distinguer. Mais distinguer, c'est pour unir et non pour séparer. Il existe un lien très fort, analogique, entre lumière créée et Lumière divine ; si Dieu n'était pas Lumière, il n'y aurait pas de lumière dans le monde. Parfois même le Seigneur se sert de la lumière créée pour éveiller notre intelligence et notre cœur et nous faire accéder à la Lumière céleste. C'est ce Royaume de Lumière que le Christ est venu instaurer pour nous, dans lequel Il nous a fait entrer en nous arrachant aux ténèbres. Je citerai un texte d'Elisabeth Behr Sigel à propos de St Séraphin de Sarov sur la Lumière du Christ dont voici la conclusion :

" Nous entrevoyons ainsi la fin de la prière mystique, (le but), la transfiguration de l'homme tout entier dans l'unité de son esprit et de son corps par la Lumière divine, Lumière du Christ et du Saint-Esprit, rayonnement glorieux de la Ste Trinité. Il faut noter que dans les expériences décrites ici, l'esprit de l'homme, tout en ayant conscience de participer à la vie divine, cependant, ne perd pas la conscience personnelle, ne s'anéantit pas, mais acquiert, au contraire, une lucidité surnaturelle. Par le mystère insondable du don de la Grâce, la nature humaine est changée, les ténèbres de la matière se dissipent et sont vaincues et deviennent translucides à l'Esprit. L'homme est rendu capable de voir la Gloire de Dieu. Mais ce n'est là que le terme terrestre de la prière, les prémices des illuminations du siècle à venir. La fin de la prière mystique annonce, en vérité, la fin des temps, l'affranchissement de la création tout entière, de l'esclavage, de la corruption pour avoir part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Rm 8,27). C'est vers la lumière sans déclin du jour éternel, mais dont l'aube se lève dès maintenant, pour ceux qui savent en reconnaître les signes, que nous oriente finalement le témoignage des orants de la prière de Jésus. "

Prenons conscience d'être, par anticipation déjà, dans le Royaume de la Lumière, quand on est dans l'Eglise et qu'on a des sacrements. Et puis cette prière hésychaste a mis l'accent sur cet aspect des choses certainement important.



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