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Deuxième
partie
3.1.x L'ANALOGIE La connaissance
par analogie est la seule voie par laquelle la raison humaine puisse accéder
à une certaine connaissance de Dieu. Distinguer : analogie de l'être
et analogie de la foi (cohérence des vérités révélées
comme renforcement de leur crédibilité). 1) Affirmer d'une
part l'existence de Dieu (Etre nécessaire) et d'autre part l'existence
des créatures (contingentes) n'est pas utiliser un concept univoque (signifiant
une même réali-té), ni un concept équivoque (signifiant
deux réalités entièrement différentes, sans rapport
l'une avec l'autre, mais un concept analogue, signifiant une certaine proportionnalité
à travers une triple démarche : a) par voie d'affirmation
(Dieu est, car l'être se trouve dans les créatures - Dieu est bon,
car il y a de la bonté dans les êtres contingents). b)
Par voie de négation (Dieu n'est pas, à la manière des êtres
contingents - Dieu n'est pas bon à la manière des créatures).
c) Par voie de suréminence (Dieu est, son être dépasse
infiniment l'être des créatures - La bonté de Dieu surpasse
infiniment la bonté des créatures).
L'analogie permet de
s'exprimer positivement tout en sauvegardant le mystère. Le fondement
de tout raisonnement analogique est l'existence d'un seul Dieu en trois Personnes,
créateur des choses visibles et invisibles. L'univers créé
ne peut pas ne pas refléter de quelque manière la vie trinitaire,
pur don et pure gratuité. On trouvera donc dans la création
tant spirituelle que temporelle des aspects analogues qu'un regard global peut
embrasser en évitant à la fois le concordisme " univoque "
et le séparationisme " équivoque ". Bien des
concepts analogiques se retrouvent à différents niveaux, depuis
le sens commun jusqu'à la philosophie et aux sciences, et même à
la théologie, enrichissant le regard que nous portons sur la Création.
Le langage de la Révélation biblique s'exprime par des
images et des symboles empruntés à l'univers visible, pour faire
connaître par analogie le monde invisible. Le cardinal de Lubac écrit
(De la connaissance de Dieu, Témoignage chrétien, Paris 1941, pp.
61-62) : " Le monde est comme l'envers à travers lequel doit se deviner
l'endroit de l'être et de la vie divine. Il est le symbole ou le signe
de Dieu. Non quelque signe artificiel ou choisi comme après coup
; mais un symbole naturel et nécessaire (
) La connaissance de Dieu
par le moyen du monde est elle-même déjà, en un sens, une
révélation. Ce n'est pas mon esprit qui, du monde, s'élève
jusqu'à Dieu : c'est Dieu qui, par le monde, descend jusqu'à mon
esprit (
) Dieu me fait signe : j'y dois être attentif, j'y dois répondre
; mais l'initiative ne vient pas de moi. Dieu m'investit, en quelque sorte,
par ses signes, et je le perçois dans sa création, en attendant
de voir sa création en lui ". Sur l'analogie, voir Dictionnaire
théologique du P. Louis Bouyer et, en général, articles de
dictionnaires et traités de philosophie et de théologie ; Mgr de
Solages : Dialogue sur l'analogie à la société toulousaine
de philosophie, Aubier Editions Montaigne, Paris.
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