Troisième
partie
3.4 La Création
Augustin
semble très platonicien quand il dit pourquoi la Création est intelligible
: " Les Idées sont les formes premières et comme les raisons
permanentes et immuables des choses ... Toutes choses ont été créées
d'après ces Idées ".
Mais il se montre chrétien
quand il ajoute : " Or, où faut-il penser que sont ces Idées,
si ce n'est dans l'Intelligence même du Créateur ? " (De div.
quaest. LXXXIII, quest. XLVI).
Dans
sa lettre à George Coyne, Jean-Paul II écrit : "Tout comme
les cosmologies du Proche-Orient ancien ont pu être assimilées et
purifiées dans le premier chapitre de la Genèse, la cosmologie contemporaine
pourrait avoir quelque chose à offrir à notre réflexion sur
la création."
Jean-Marc Daul ajoute : "Des questions
philosophiques très sérieuses nous sont posées par ce que
la science contemporaine nous enseigne en matière de structure de l'espace-temps,
nature de la matière, principe de causalité.
Il y a là
place pour un développement sérieux, et encore largement manquant,
de la recherche philosophique et donc théologique."
Paul
Ricoeur, dans son commentaire "Sur l'exégèse de Genèse
1, 1-2,4a" souligne que le miracle de la création est un miracle de
rédemption, en reprenant les intuitions de Gerhard von Rad*
.
La Genèse montre que le péché produit immanquablement
des déchirures et même des ruptures : le chapitre 3 montre celles
qui s'établissent entre l'homme et la femme, le chapitre 4 celles des frères,
le chapitre 11 celles des peuples qui ne parlent plus la même langue
C'est que le cosmos tel que nous le voyons, c-à-d. blessé par
le péché de l'ange et de l'homme, n'est pas voulu comme tel par
Dieu, mais toléré par lui à cause de son respect absolu de
la liberté de l'ange et de l'homme.
Si les déchirures et ruptures
étaient produites immanquablement par la création, où serait
la liberté ?
*The Theological problem
of the Old Testament Doctrine of Creation (traduction en américain), 1936