h) La crise actuelle a été préparée par une série d’événements qui ont jalonné le XXe siècle : Guerre de 1914, Révolution bolchevique, montée du Nazisme, Seconde Guerre mondiale, et franchissement d’un seuil avec les Bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki et la Shoah ; puis les génocides, les révolutions en Extrême-Orient, la guerre froide, Mai 68, état de guerre au Moyen-Orient, violences sur tous les continents, terrorisme international, destruction des deux Tours jumelles de Manhattan… La plupart de ces événements ont fait des millions de morts et traumatisé des générations : ils ne doivent pas tomber dans l’oubli. En revanche, quelques événements heureux indiquent la bonne direction : Défaite du nazisme, célébration du Concile Vatican II, Pontificat de Jean Paul II, effondrement de l’Union soviétique et chute du mur de Berlin, Grand Jubilé de l’An 2000… Peut-on dire que ces événements, chacun à leur manière, ont fait entrer l’humanité dans les « derniers temps » ? Peut-on leur reconnaître un caractère « eschatologique » ?
i) Un fait nouveau et incontournable est apparu en notre temps : la mondialisation. Tout événement qui se produit en un point quelconque de la terre est immédiatement connu partout et se répercute en tout lieu, transmis par des médias qui l’interprètent à leur façon. Les moyens de transports modernes permettent de se rendre en un temps record d’un bout à l’autre de la planète pour des rencontres entre personnalités de la politique ou de la culture, ou simplement pour le développement du tourisme. Le réseau Internet joue et jouera un rôle de plus en plus important, non seulement dans la diffusion de l’information, mais aussi dans l’interpénétration des cultures et dans la multiplication des échanges commerciaux. Des liens de toutes sortes se tissent entre les personnes et les communautés, en bien comme en mal.
j) Il existe en effet de nombreux signes des temps positifs, liés à la mondialisation, marquant un certain progrès dans la prise de conscience des vrais problèmes de l’humanité : reconnaissance des limites de la science en tant qu’explication du monde (déjà mentionnée) et nécessité d’un contrôle éthique efficace – fondé sur la raison et donc, qu’on le veuille ou non, en plein accord avec le Décalogue et les principes de l’Évangile – de ses applications ; recherche de la paix ; sens du dialogue ; lutte contre les injustices sociales, la faim et les maladies, souci d’une saine écologie etc. A quoi il faut ajouter les valeurs spirituelles vécues par un nombre croissant de croyants convaincus et la qualité de leur foi, le rayonnement de la Papauté, les progrès de l’œcuménisme, le témoignage de la sainteté et les signes de la Présence du Christ et de l’Esprit-Saint dans le monde, les Apparitions mariales, les miracles1…Mais on ne peut nier que les signes négatifs se multiplient. La question se pose de savoir qui l’emportera, dans un premier temps : le bien ou le mal ?
1 Qui feront l’objet du prochain séminaire Mirabilia Dei (2010).